Avant-propos
Il y a trois ans, IFB a estimé pour la première fois la taille du marché belge de l’investissement à impact. Ce travail pionnier a fourni une première référence et une compréhension commune de l’écosystème naissant.
L’édition 2025 va plus loin. Elle actualise les chiffres et inclut l’investissement durable, offrant pour la première fois une vision intégrée des investissements belges à impact positif pour les personnes et la planète.
Ensemble, investissement à impact et investissement durable représentent 108 à 132 milliards d’euros, environ 14 % des actifs belges sous gestion. Un constat encourageant : le marché belge de l’investissement à impact positif a atteint une masse critique.
Le contexte a été difficile : tensions géopolitiques, forte concurrence économique et opposition croissante aux cadres de durabilité. L’effondrement des alliances net zéro des banques et assureurs, les débats sur l’ESG et le risque d’affaiblissement réglementaire par Omnibus ont freiné l’élan de la dernière décennie. En Europe, les priorités se sont déplacées vers la défense, la compétitivité et l’indépendance géopolitique.
Des signes de résilience et de progrès subsistent. La croissance des renouvelables dépasse celle de la demande mondiale d’énergie, les prix des batteries ont baissé de 90 % et de grands investisseurs, des fonds de pension néerlandais au fonds souverain norvégien, réaffirment le lien entre durabilité et valeur à long terme. Le discours politique et culturel diverge ainsi de la réalité des investissements.
La vigilance reste nécessaire. Réduction des inégalités, logement abordable, inclusion et santé mentale risquent de quitter l’agenda. Ces enjeux sont moins directement liés, à court terme, aux nouvelles priorités européennes. La transition doit rester juste. La durabilité doit équilibrer urgence environnementale et cohésion sociale.
Notre ambition reste ferme : donner à l’impact la même place qu’au risque et au rendement dans chaque décision financière. Ce rapport aide à repérer les accélérations possibles, les opportunités et les blocages de l’écosystème belge. Il montre aussi comment la finance peut soutenir prospérité, compétitivité et sécurité en Belgique et dans l’Union européenne.
Nous remercions les investisseurs et institutions, souvent membres d’IFB, qui ont partagé données, idées et réflexions. Merci aussi au comité éditorial pour ses retours constructifs et précieux, et aux experts et praticiens qui ont enrichi ce travail collectif.
Ces résultats confirment notre conviction : la Belgique est à un tournant. La direction est claire, les bases solides et les acteurs mobilisés. Le défi est désormais l’échelle et la vitesse. Pour atteindre 30 % d’investissements belges à impact positif en 2030, tous les acteurs publics et privés, petits et grands, doivent avancer ensemble avec détermination.
L’impact n’est pas une réflexion après coup. C’est l’avenir de la finance. Steven Serneels, président, IFB
Synthèse
Le marché belge de l’investissement à impact et durable devient un puissant moteur de changement positif dans le paysage financier.
- En 2025, les investisseurs belges consacrent 108 à 132 milliards d’euros, soit 14 % des actifs sous gestion, à un impact positif pour les personnes et la planète. Cet investissement a atteint une masse critique.
- La Belgique suit bien ses voisins européens, sans être encore en tête. Une marge de progrès subsiste.
- IFB estime qu’en 2030, environ 30 % des investissements belges pourraient viser un impact positif.
L’investissement à impact représente 7 à 9 milliards d’euros, environ 1 % des actifs. Il repose sur une intention claire, des résultats mesurables et l’investissement dans des domaines innovants ou mal desservis, comme l’agriculture régénératrice et l’éducation inclusive. Souvent porté par des fonds spécialisés ou investisseurs engagés, il amorce des solutions et atteint des communautés et marchés peu desservis par la finance classique.
L’investissement durable représente 101 à 123 milliards d’euros, environ 13 % des actifs. Il développe surtout des modèles éprouvés alignés sur des objectifs sociaux et environnementaux. De grands acteurs institutionnels, fortement influencés par les règles, investissent notamment dans l’énergie propre, la santé inclusive et les infrastructures durables. IFB publie pour la première fois un chiffre détaillé pour cette stratégie.
La Belgique pourrait consacrer jusqu’à 30 % de ses investissements à un impact positif d’ici 2030.
L’investissement à impact pourrait tripler pour atteindre environ 3 % du total. Le marché européen a connu une croissance annuelle composée d’environ 20 %, contre 10 % en Belgique depuis 2021. Une trajectoire solide, mais inférieure à l’Europe. Combler cet écart exige une accélération fondée sur :
- Un engagement accru des acteurs existants, de nouveaux fonds et des montants moyens plus élevés.
- La participation de catégories d’investisseurs sous-représentées, comme les organisations citoyennes et universités, source de capitaux encore peu exploitée.
- Le développement du financement mixte pour réduire les risques et mobiliser les capitaux privés.
- Un engagement élargi des investisseurs institutionnels, comme les fonds de pension et assureurs, dont beaucoup définissent encore leurs stratégies durables et à impact.
- Des cadres réglementaires favorables à la croissance du marché.
L’investissement durable pourrait parallèlement doubler pour atteindre environ 27 % du total, grâce à :
- Les besoins massifs d’investissement de la transition juste, notamment énergie renouvelable, mobilité durable et reconversion des travailleurs.
- L’intégration systématique de l’impact aux côtés du risque et du rendement dans les décisions.
- La confiance croissante dans la capacité du durable à offrir au moins un rendement de marché ajusté au risque.
- Une réglementation européenne plus claire, stable et prévisible.
La Belgique ne débat plus de l’utilité de l’investissement durable et à impact. Le défi est d’accélérer efficacement cette transformation face à l’urgence. La direction est claire, les outils émergent et les acteurs se mobilisent. Tous les acteurs publics et privés, petits et grands, doivent agir ensemble avec vitesse et ambition.
3 % d’investissement à impact, 30 % d’investissement à impact positif en 2030.
Introduction
En dix ans, l’investissement durable et à impact a gagné une place centrale dans les discussions stratégiques belges. L’enquête IFB de 2022 a été la première cartographie chiffrée du marché à impact. Elle révélait un paysage jeune mais prometteur, encore très petit dans les actifs sous gestion, avec un fort potentiel.
Trois ans plus tard, cette édition actualise le travail et élargit son périmètre. Pour la première fois, elle inclut l’investissement durable et montre plus largement comment les capitaux créent un impact positif. Cette double approche reconnaît deux stratégies distinctes et complémentaires. L’investissement à impact privilégie intentionnalité, mesure et gestion actives, et additionnalité de l’organisation financée. Le durable apporte échelle et visibilité en généralisant les pratiques sociales et environnementales dans les portefeuilles.
Cette évolution se déroule dans l’urgence. Comme ses voisins européens, la Belgique affronte des défis sociaux et environnementaux majeurs :
- Accélérer la transition énergétique pour atteindre les objectifs climatiques ;
- Réduire les inégalités sociales et améliorer l’accès au logement ;
- Répondre aux évolutions démographiques, dont vieillissement et migration ;
- Préserver la compétitivité dans une économie mondiale en mutation rapide.
Le contexte se complique. Le rejet de l’ESG, surtout aux États-Unis mais aussi en Europe, Omnibus et les taxonomies européennes changeantes influencent les investisseurs. Les tensions géopolitiques, la recherche d’indépendance énergétique, les contraintes de ressources et les débats de défense modifient les priorités. Ces dynamiques créent de l’incertitude et de nouvelles priorités stratégiques.
Les ressources publiques et philanthropiques sont vitales, mais très insuffisantes. Mobiliser les capitaux privés est donc essentiel pour atteindre les ODD.
Le marché belge continue d’évoluer. Autrefois réservé aux pionniers, l’investissement à impact se stabilise grâce à des définitions plus strictes. Le durable s’étend grâce aux règles, à la demande et aux institutions, malgré les vents politiques contraires.
Ce rapport analyse taille du marché, stratégies, obstacles et possibilités de croissance. Il prépare les éditions futures, décrit la situation belge et trace les possibilités d’évolution.
État du marché belge
Taille et dynamiques
En 2025, le marché belge de l’investissement à impact positif est estimé à 108–132 milliards d’euros, environ 14 % des actifs sous gestion.
Cela comprend 7–9 milliards d’euros d’investissement à impact, environ 1 %, et 101–123 milliards d’investissement durable, environ 13 %.
La figure 2 détaille la répartition des investissements durables et à impact par catégorie. Le durable se concentre dans les banques, gestionnaires institutionnels et assureurs, avec un engagement notable des family offices. Il fait donc pleinement partie des grands portefeuilles. L’impact est plus diversifié, avec un rôle majeur du capital-risque et capital-investissement (VC/PE). Il reste porté par de petits acteurs spécialisés sur les marchés non cotés, avec une forte priorité à l’additionnalité, aux résultats mesurables et à la gestion de l’impact visé.
Cette répartition montre deux dynamiques. La faible croissance des actifs à impact en trois ans tient surtout aux définitions plus strictes : certains actifs ont été reclassés en investissement durable. L’impact reste le domaine de petites organisations guidées par leur mission sur les marchés non cotés. Le durable a été développé à grande échelle par les institutions traditionnelles. L’un apporte profondeur et innovation, l’autre portée et volume. Les deux sont essentiels pour financer la transition belge.
Rapportée aux actifs de chaque catégorie, la répartition révèle un potentiel inexploité important. Une grande part, en gris, reste hors des investissements durables et à impact.
Composition des actifs
La figure 6 distingue trois catégories d’investissement à impact positif en Belgique : durable coté, durable non coté et investissement à impact.
- 75% Investissement durable coté 82-100 Md€ [21]
- 18% Investissement durable non coté 19-23 Md€ [12]
- 7% Investissement à impact 7-9 Md€ [29]
Le durable coté passe surtout par des véhicules collectifs : fonds d’actions, de dette et mandats mixtes. Les détentions directes jouent un rôle limité. Dans le durable non coté, la dette directe domine, suivie des infrastructures, de l’immobilier et des actions directes ; les fonds pèsent peu. L’impact se concentre au contraire dans les instruments directs. La dette directe domine, complétée par les actions directes et fonds d’actions. Infrastructures, immobilier et fonds de dette restent marginaux.
Durable coté
- Fonds/véhicule mixte de dette et d’actions cotées33%
- Fonds/véhicule d’actions cotées22%
- Fonds/véhicule de dette cotée21%
- Dette cotée directe19%
- Actions cotées directes4%
Durable non coté
- Dette non cotée directe52%
- Autres : infrastructures et immobilier26%
- Actions non cotées directes15%
- Fonds/véhicule d’actions non cotées7%
- Fonds/véhicule mixte de dette et d’actions non cotées0%
Impact
- Dette non cotée directe61%
- Actions non cotées directes23%
- Fonds/véhicule d’actions non cotées13%
- Fonds/véhicule de dette non cotée1%
- Autres : infrastructures et immobilier1%
Dynamiques des stades d’investissement
Le stade apporte une nuance importante. L’impact se concentre sur validation et expansion, surtout en série B, mais couvre aussi série A, amorçage et maturité/série C. Le durable va principalement aux entreprises matures et établies, surtout en série C, avec aussi des investissements en B et quelques-uns en A.
Ces profils confirment leur complémentarité : le durable consolide et développe les modèles éprouvés ; l’impact soutient l’innovation précoce et les segments risqués aux besoins sociétaux les plus forts.
Deux géographies : l’Europe pour le durable, le monde pour l’impact
La géographie oppose clairement les stratégies. Le durable va très majoritairement en Europe et Belgique. L’impact s’oriente vers les marchés internationaux : près de la moitié est déployée dans le monde, surtout dans les pays émergents. Le durable reste européen, l’impact est plus mondial, porté par les financeurs du développement. Cela reflète leur maturité et leur longue pratique dans les pays en développement et émergents.
- 22% Belgique
- 68% Europe
- 10% Reste du monde
- 9% Belgique
- 44% Europe
- 47% Reste du monde
Destination des capitaux
L’investissement durable, coté ou non, se concentre sur la transition énergétique et l’environnement. L’énergie est citée par 73 % des répondants en coté et 83 % en non coté. Suivent l’environnement, l’informatique et les technologies, puis la santé. Dans le non coté, l’éducation et la rénovation urbaine ou le développement territorial apparaissent aussi, marquant un élargissement progressif aux dimensions sociales.
L’investissement à impact a d’autres priorités. L’agriculture domine à 71 %, pour la sécurité alimentaire, les revenus et la résilience climatique. L’inclusion financière et l’accès au financement, à 67 %, visent les communautés mal desservies. Environnement, énergie et emploi complètent les principaux secteurs, illustrant la double priorité sociale et environnementale de l’impact.
Durable coté
- Énergie73%
- Protection de l’environnement60%
- Informatique et technologie47%
- Santé47%
- Eau, assainissement et hygiène40%
Durable non coté
- Énergie83%
- Protection de l’environnement75%
- Éducation75%
- Rénovation urbaine / développement territorial67%
- Informatique et technologie67%
Impact non coté
- Agriculture71%
- Inclusion financière et accès au financement67%
- Protection de l’environnement54%
- Énergie54%
- Éducation54%
Les ODD reflètent cette répartition. Les portefeuilles durables ciblent énergie propre (ODD 7), climat (13), consommation responsable (12), et en non coté infrastructures (9) et santé (3). Les portefeuilles à impact privilégient climat (13), pauvreté (1), inégalités (10) et travail décent (8). Ils associent transformation sociale et environnement. Les priorités ODD correspondent ainsi aux flux sectoriels.
Ces répartitions montrent la complémentarité : le durable finance les grandes transitions ; l’impact atteint les domaines moins desservis par la finance classique, souvent sous-financés ou à fort impact.
Pouls du marché : stratégies, défis et tendances émergentes
Ce que disent les acteurs du marché
L’enquête nuance la manière dont les investisseurs fixent leurs ambitions durables et à impact.
- Un peu plus de la moitié des organisations ont déjà fixé des objectifs chiffrés. La définition formelle d’objectifs se généralise.
- Les acteurs spécialisés, dont les fonds de capital-risque et capital-investissement, sont très ambitieux. Beaucoup alignent leur portefeuille entier sur l’impact. Certaines fondations consacrent la majorité des actifs à la durabilité.
- Banques, assureurs et gestionnaires institutionnels progressent plus graduellement. Certains visent plusieurs milliards d’euros ; d’autres définissent encore leurs objectifs et leur intégration.
- Les fonds de pension avancent plus prudemment et restent au début du processus, avec de premiers engagements.
Les rythmes diffèrent : certains fixent des références ambitieuses ; d’autres intègrent progressivement impact et durabilité à leur stratégie centrale.
Une expansion durable aux dynamiques variées
Les participants sont généralement optimistes et anticipent une croissance continue des deux stratégies.
- La majorité anticipe une croissance : 57 % attendent une expansion, 29 % une stabilité et 9 % un recul. Les deux stratégies présentent des attentes similaires.
- Le durable, environ 13 % des actifs, devrait continuer à croître avec les besoins énergétiques et d’infrastructures, l’intégration ESG des institutions, la demande et les règles.
- L’impact, environ 1 % des actifs, présente un fort potentiel de croissance qualitative : intention plus claire, meilleure mesure et preuves d’additionnalité.
- Le financement mixte devrait attirer davantage de capitaux classiques vers l’impact, surtout dans les marchés émergents et les phases précoces.
Ces perspectives se complètent : le durable grandit en volume, tandis que l’impact approfondit et professionnalise ses pratiques.
Freins à la croissance : défis communs, intensités différentes
Des obstacles structurels touchent les deux marchés, avec une intensité différente.
- Beaucoup jugent le cadre réglementaire — SFDR, CSRD et taxonomie européenne — complexe, restrictif ou peu clair. Cela crée de l’incertitude et ralentit l’innovation.
- La mesure et la gestion de l’impact restent difficiles : normes peu harmonisées, références incohérentes et reporting coûteux.
- Les lacunes de données financières et durables compliquent la justification des allocations, surtout pour les nouveaux acteurs ou ceux soumis à des obligations fiduciaires strictes.
- Les capacités limitées sont fréquentes : équipes sans expertise spécialisée et entreprises mal équipées pour gérer l’impact.
Ces obstacles pèsent davantage sur l’impact : mesures non standardisées, reporting coûteux et risque de réputation lié à l’impact-washing. Le durable connaît ces défis, mais les grandes institutions les jugent plus gérables.
Comment le contexte influence les investisseurs
La géopolitique et la macroéconomie influencent diversement les comportements.
- Certaines organisations gardent des stratégies largement inchangées malgré le contexte.
- D’autres sont plus prudentes : tests de résistance, révision sectorielle et priorité aux modèles résilients associant rendement et impact.
- Un troisième groupe prend des positions sectorielles plus sélectives, notamment en défense ou technologies propres selon les politiques.
L’instabilité complique les levées et réoriente les flux, mais incite aussi à clarifier les priorités autour de l’énergie propre, de la santé et des services essentiels.
Le rôle des politiques publiques
Les participants jugent les politiques publiques décisives pour développer les deux stratégies.
- Les cadres européens harmonisés, comme le SFDR et la taxonomie, créent une base commune de confiance, comparabilité et protection contre le greenwashing.
- En Belgique, financement mixte, garanties publiques et incitations fiscales peuvent mobiliser les capitaux privés selon les priorités nationales. Ils améliorent le rapport risque-rendement et financent les projets qui attireraient seuls trop peu de capitaux.
- Les gouvernements doivent montrer l’exemple par achats publics, budgets et garanties, tout en soutenant recherche, innovation et compétences.
Tous demandent des politiques claires, stables et pratiques, mobilisant les investissements privés sans microgérer les flux.
Vers des pratiques plus profondes, larges et responsables
Plusieurs tendances dessinent l’avenir de l’investissement à impact positif.
- Des objectifs plus ambitieux, avec de meilleures mesures de performance.
- Une demande élargie : clients institutionnels et particuliers exigent des critères plus stricts.
- Règles et subventions accélèrent les projets innovants.
- Le financement mixte peut débloquer des capitaux.
- De nouveaux thèmes émergent : agriculture régénératrice, biodiversité, chaînes d’approvisionnement et solutions naturelles.
Des défis peuvent freiner ces tendances. L’opposition politique à l’ESG, surtout américaine, polarise le contexte. L’incertitude macroéconomique et géopolitique et les changements fiscaux nationaux peuvent ralentir certains territoires ou secteurs. Beaucoup insistent sur la crédibilité, la transparence et la mesure des résultats pour renforcer les preuves et la responsabilité.
Le secteur devient plus diversifié, fondé sur les preuves et responsable, malgré un environnement plus complexe et instable.
Un avenir plus ambitieux : la perspective d’IFB
Malgré les turbulences, la route vers 2030 offre des possibilités. Les prochaines années ouvrent une fenêtre de transformation, où reprise du marché et tendances durables profondes devraient accélérer.
La Belgique peut connaître un changement majeur. En 2030, jusqu’à 30 % des investissements pourraient viser un impact positif : l’impact triplerait à 3 % et le durable doublerait vers 27 %.
Les tendances européennes soutiennent cette trajectoire. Depuis 2021, l’impact européen croît d’environ 20 % par an de manière composée, contre 10 % en Belgique. Un rythme solide, mais inférieur.
Combler l’écart exige une accélération : nouveaux fonds et montants accrus chez les acteurs existants, engagement institutionnel, mobilisation des organisations citoyennes sous-représentées et financement mixte attirant les capitaux privés.
Le durable devrait croître grâce aux besoins immenses de la transition juste. D’autres moteurs sont l’égalité de l’impact avec risque et rendement, la confiance dans les performances financières et la clarté des règles européennes. Dans ce contexte, 480 organisations européennes demandent de préserver le cœur du cadre de finance durable.
À long terme, durabilité et performance financière se renforcent. Elles servent l’autonomie européenne : indépendance énergétique, économie circulaire et chaînes de valeur résilientes, notamment pour les matières critiques des entreprises belges et européennes.
Les tendances internationales renforcent cette vision. Un rapport récent montre une hausse rapide des entreprises engagées dans les Science Based Targets (SBTi), avec des objectifs de décarbonation plus ambitieux. La demande de capitaux durables augmentera ainsi.
Parallèlement, de grands investisseurs institutionnels renforcent leurs engagements climatiques. Le fonds souverain norvégien a défini une stratégie net zéro pour ses entreprises en portefeuille. Au Royaume-Uni, People’s Pension et, aux Pays-Bas, PFZW ont récemment retiré des mandats à des gestionnaires jugés insuffisamment ambitieux sur la durabilité et le climat.
Malgré les vents politiques et culturels contraires — débats réglementaires, maturité variable des investisseurs et pressions de marché à court terme — la trajectoire reste positive. À moyen terme, innovation technologique, demande publique et engagements des entreprises devraient accélérer l’investissement à impact positif en Belgique et le rapprocher des dynamiques européennes.
La transition vers un système financier plus durable est résiliente et irréversible.
Méthodologie de l’étude
Objectifs et périmètre
Cette étude vise une image complète et crédible de l’investissement à impact positif en Belgique, avec quatre objectifs :
- Actualiser la référence établie en 2022 pour le marché belge à impact.
- Cartographier le marché durable belge pour la première fois et intégrer les deux domaines.
- Identifier et segmenter les acteurs, des fonds spécialisés aux institutions classiques.
- Évaluer obstacles et possibilités pour guider le développement des deux marchés.
L’étude couvre les investisseurs basés en Belgique, qu’ils investissent dans le pays ou à l’étranger. Elle inclut les investissements directs et indirects via des fonds tiers.
Définitions
L’étude portant sur l’investissement durable et à impact, il faut préciser les définitions et le cadre d’analyse. IFB propose une vue visuelle des caractéristiques essentielles de chaque stratégie pour en montrer les différences.
| Investissement responsable* : éviter l’impact négatif | Investissement durable* | Investissement à impact* : créer un impact positif | |
|---|---|---|---|
| Type d’organisation financée (Quoi) | Éviter les préjudices | Bénéficier aux parties prenantes | Contribuer aux solutions |
| Intention (Comment) | Aucune intention claire | Intention explicite et quantifiable | L’intention ou thèse d’impact relie les investissements à l’impact visé et quantifiable, par exemple via une théorie du changement. |
| Mesure (Comment) | Compte rendu | Mesure quantifiable de l’impact (indicateurs) | Mesure au service de la gestion de l’impact |
| Additionnalité (Comment) | Non prise en compte | Non prise en compte | Au niveau de l’organisation financée et/ou de l’investisseur |
Approche et méthode
L’étude combine données primaires et secondaires pour comprendre le secteur belge. Entretiens d’experts, jugement propre d’IFB et conseils du comité éditorial ont été essentiels pour interpréter les données et dégager les messages clés.
Données primaires. L’enquête a recueilli 41 réponses d’organisations belges représentant environ 50 % des actifs nationaux sous gestion. Cette couverture fournit une base solide pour estimer taille et composition du marché. Les répondants vont des fonds spécialisés aux institutions classiques, avec des engagements variables. Quinze entretiens approfondis auprès de répondants, organisations ciblées et experts ont validé les résultats chiffrés et éclairé dynamiques, défis et possibilités.
Données secondaires. De nombreuses sources publiques ont été consultées : recherches et analyses belges, estimations et comparaisons d’autres pays européens, publications de réseaux d’investisseurs et fédérations.
Méthode. L’estimation combine une approche descendante et ascendante. La première analyse les actifs belges totaux par catégorie. La seconde mesure, par organisation, la part des portefeuilles à impact positif. Le croisement renforce la robustesse, comble des lacunes, précise les estimations et valide les hypothèses lorsque les informations publiques manquent.
Les investisseurs sans catégorie évidente figurent dans « Autres » (annexe 2). Comme dans le rapport précédent, IFB attribue à cette catégorie un ajustement de 5 % des actifs pour combler l’écart entre estimations descendante et ascendante. Les parts durable et impact y sont la moyenne pondérée des autres catégories. L’estimation combine actifs belges par catégorie et parts de chaque stratégie, affinées par le croisement des enquêtes, entretiens et références existantes.
Validation et supervision. Un comité éditorial indépendant d’universitaires et praticiens belges a examiné méthode et résultats. Ses retours critiques assurent rigueur et cohérence avec le marché. La liste complète figure en annexe 3.
Hypothèses de périmètre
Le périmètre repose sur les hypothèses suivantes :
Segmentation. L’étude se limite à l’investissement durable et à impact. Elle exclut notamment l’investissement responsable et les dons engagés, aussi appelés capital catalytique, qui restent importants mais hors de son objectif principal.
Périmètre durable. Les investissements doivent viser intentionnellement un impact positif et le mesurer.
Périmètre impact. Les investissements doivent satisfaire intentionnalité, mesurabilité et additionnalité. Les chiffres ne couvrent que le non coté, l’impact coté restant marginal.
Investissement coté durable et à impact. Tous les fonds article 9 SFDR sont inclus dans le durable. Les fonds article 8 sont généralement exclus comme investissement responsable. Certains sont inclus s’ils affichent un objectif durable ou d’impact explicite, au-delà des caractéristiques environnementales et sociales. Aucun consensus clair ne définit encore les actions cotées à impact. Un groupe IFB précisera ces critères.
Géographie. L’étude vise les investisseurs situés en Belgique, quel que soit le pays investi. Elle exclut les investissements belges de financeurs dont les actifs sont détenus ou gérés hors de Belgique.
Investissements directs et indirects. Les investissements propres et ceux via fonds ou programmes tiers sont inclus. Beaucoup d’investisseurs belges à impact passent par des intermédiaires ; les exclure masquerait un moteur de croissance. Le total élimine les doubles comptes. Les chiffres par catégorie les conservent, donc leur somme ne correspond pas au total. Ce choix reflète pleinement la contribution de chaque catégorie. Ainsi, les investissements via des gestionnaires locaux sont exclus du total lorsqu’ils y sont déjà comptés, mais restent dans la catégorie de l’investisseur pour reconnaître son rôle.
Limites et réserves
Cette estimation vise la robustesse, mais comporte plusieurs limites :
- Disponibilité et qualité des données. Tous les investisseurs n’ont pas répondu. Des estimations et extrapolations comblent certaines lacunes. Les résultats sont donc des fourchettes plutôt que des chiffres uniques pour refléter l’incertitude.
- Couverture de l’échantillon. Les 41 organisations représentent beaucoup d’actifs, mais pas tous les acteurs ni les catégories de façon égale. La plupart sont déjà actives dans le durable et l’impact, créant un possible biais positif.
- Périmètre du marché. Les données complètes et cohérentes sur les actifs belges restent limitées. Les comparaisons avec le marché total demandent prudence. Pour les institutions privées, seuls les fonds sont inclus, hors titres et dépôts.
- Doubles comptes et omissions. Malgré la séparation des allocations directes et indirectes, des recoupements peuvent subsister, surtout dans les fonds. Inversement, certains acteurs peuvent manquer.
- Segments sous-représentés. « Autres » — business angels, organisations citoyennes, entreprises sociales, universités — reste sous-estimé malgré son potentiel. IFB cherchera à mieux les associer aux prochaines études.
- Différences de définitions. Les interprétations du durable et de l’impact varient. Malgré le cadre IFB et une marge de ±10 %, des incohérences imposent une lecture prudente.
Cette étude est une meilleure estimation possible à partir des données disponibles, pas une image définitive. Sa répétition affinera la méthode, la comparabilité et la fiabilité.
Conclusion : de l’élan à la transformation
La Belgique est à un carrefour. Elle a fait des progrès concrets : un marché important, visible et diversifié finance désormais des objectifs sociaux et environnementaux. Mais le parcours commence. Atteindre les ODD en 2030 et assurer une transition juste exige chaque année des dizaines de milliards pour infrastructures, énergie, santé, éducation et inclusion. Les besoins sont immenses, tout comme l’occasion de faire de la finance un moteur de prospérité, compétitivité et sécurité en Belgique et dans l’UE.
En 2025, les investissements belges à impact positif sont estimés à 108–132 milliards d’euros, soit 14 % des actifs. Le durable représente 101–123 milliards, environ 13 %, surtout pour développer des modèles éprouvés à impact mesurable. L’impact représente 7–9 milliards, environ 1 %, avec une croissance annuelle moyenne de 10 % depuis trois ans, portée par de nouveaux fonds et leur développement. IFB chiffre le durable pour la première fois, signe de transparence accrue et de maturité.
Le potentiel reste grand. IFB prévoit qu’en 2030 environ 30 % des investissements pourraient viser un impact positif. L’utilité n’est plus en débat ; il faut maintenant changer d’échelle vite et efficacement. La direction est claire, les outils émergent et les acteurs se mobilisent. Publics et privés, petits et grands doivent agir ensemble avec vitesse et ambition.
Bibliographie
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- PwC (2024). PwC’s Global Family Office Deals Study 2024Document dans sa langue originale.
- Science Based Targets (2025). 227% jump in companies setting comprehensive climate targets as corporate climate planning accelerates.
- SDG dashboard. Sustainable Development Report 2025.
- Study Committee on Public Investments & FPS Public Health, DG Environment (2025). Additional investments in existing net-zero emissions scenarios for Belgium: a comparative analysisDocument dans sa langue originale.
- Trends (2025). Familyoffices zien in ons land toe op een vermogen van 40 miljard euro.
Annexes
1. Chiffres complémentaires
| Catégorie | Actifs belges totaux sous gestion 2024 | Fourchette des investissements à impact positif | % à impact positif | Fourchette de l’investissement à impact | % impact | Fourchette de l’investissement durable | % durable |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Banques et gestionnaires d’actifs institutionnels | 485-593 Md€ | 70,75-86,47 Md€ | 14.60% | 2,32-2,83 Md€ | 0.50% | 68,43-83,64 Md€ | 14.10% |
| Compagnies d’assurance | 119-145 Md€ | 16,99-20,76 Md€ | 14.30% | 0,05 à 0,06 milliard d’euros | 0.04% | 16,94-20,7 Md€ | 14.20% |
| Bureaux de gestion de patrimoine familial | 36-44 Md€ | 9,54-11,66 Md€ | 26.50% | 0,72-0,88 Md€ | 2.00% | 8,82-10,78 Md€ | 24.50% |
| Gestionnaires de fonds VC/PE | 27-33 Md€ | 6,78-8,29 Md€ | 24.80% | 4,26-5,2 Md€ | 15.60% | 2,53-3,09 Md€ | 9.20% |
| Autres | 36-45 Md€ | 5,44-6,65 Md€ | 15.00% | 0,44-0,54 Md€ | 1.20% | 5-6,12 Md€ | 13.70% |
| Fonds ou organismes de financement publics | 15-19 Md€ | 2,52-3,08 Md€ | 16.50% | 1,76-2,16 Md€ | 11.50% | 0,76-0,93 Md€ | 5.00% |
| Fondations | 4-5 Md€ | 1,74-2,12 Md€ | 39.00% | 0,09 à 0,12 milliard d’euros | 2.10% | 1,64-2,01 Md€ | 36.80% |
| Fonds de pension | 41-50 Md€ | 1,02-1,25 Md€ | 2.50% | 0,05 à 0,06 milliard d’euros | 0.10% | 0,98-1,2 Md€ | 2.40% |
Correction de l’édition web : cinq catégories et le pourcentage d’impact des assureurs dans cette annexe correspondent désormais aux figures 2 à 5. Le PDF original contient des labels contradictoires. Les montants investis sont inchangés.
Dans ce tableau par catégorie, les doubles comptes sont conservés pour ne pas sous-représenter la contribution de chaque groupe. Les investissements via des gestionnaires locaux sont retirés du total s’ils y figurent déjà, mais restent dans leur catégorie. Les fourchettes d’actifs indiquent les actifs mondiaux totaux, sans filtre de stratégie ni suppression des doubles comptes. Toutes les fourchettes appliquent une marge d’incertitude de ±10 % pour les données manquantes, erreurs et interprétations possibles.
« Autres » regroupe les acteurs hors des autres catégories : business angels, organisations citoyennes, plateformes participatives, incubateurs et accélérateurs, entreprises sociales et universités. La confiance dans l’estimation dépend des données et réponses : élevée pour banques, gestionnaires institutionnels et VC/PE ; moyenne pour fondations, assureurs et financeurs publics ; faible pour family offices, autres et fonds de pension.
2. Catégories d’investisseurs
L’écosystème belge réunit des acteurs variés. Cette étude les regroupe en grandes catégories, alignées autant que possible sur « The 5 Ws of Impact Investing » et l’enquête IFB 2022 pour permettre les comparaisons. Voici leurs définitions :
- Family offices. Structures qui accompagnent la gestion financière de personnes ou familles très fortunées.
- Fondations. Structures souvent liées à une mission d’impact, aux formes juridiques variables selon le pays. Leurs investissements sont souvent des dons ou une stratégie plus large alignée sur leur mission.
- Compagnies d’assurance. Entreprises exerçant exclusivement et professionnellement des activités d’assurance.
- Fonds de pension. Intermédiaires qui gèrent l’épargne-retraite, versent des revenus aux retraités et investissent pour des entreprises ou particuliers.
- Banques et gestionnaires institutionnels. Entités financières entièrement détenues par leurs actionnaires : banques de détail, commerciales, privées et d’investissement.
- Fonds ou organismes de financement publics. Organismes créés ou contrôlés entièrement ou partiellement par des pouvoirs publics ou communes.
- Gestionnaires de fonds VC/PE. Organisations qui investissent et prennent des participations dans des entreprises établies ou jeunes.
- Autres. Acteurs hors des catégories précédentes : business angels, organisations citoyennes, plateformes de financement participatif, incubateurs et accélérateurs, entreprises sociales et universités.
3. Comité éditorial
Nous remercions chaleureusement le comité éditorial indépendant, engagé tout au long de l’étude. Ses experts de la finance à impact et du monde universitaire ont guidé la stratégie pour atteindre les objectifs ambitieux du projet. Lors de cinq réunions, ils ont fourni des retours critiques, des idées innovantes et validé les résultats aux étapes clés. Nous leur sommes reconnaissants pour leur temps, leur engagement et leurs précieux conseils.
- Alessia Gianoncelli, directrice des connaissances et analyses, Impact Europe
- Christel Dumas, professeure de finance, ICHEC Brussels Management School
- David Veredas, professeur et doyen associé, Vlerick Business School
- Hugues Pirotte, Prof. Dr., cofondateur du Solvay Impact Institute, Solvay BS, Université libre de Bruxelles
- Jeroen De Keer, responsable des investissements, Fondation Roi Baudouin
- Luc Van Liedekerke, professeur, KU Leuven et Université d’Anvers
- Michiel De Smet, expert en investissement durable, Banque nationale de Belgique
- Steven Serneels, cofondateur et président d’Impact Finance Belgium, investisseur à impact
- Tom Van den Berghe, directeur Finance durable, Febelfin ; directeur général, Towards Sustainability
4. Glossaire
- Additionnalité. Contribution supplémentaire de l’investisseur à l’organisation financée. Elle peut être non financière, comme l’engagement actif, ou financière : risque-rendement disproportionné, capital patient, flexible ou concessionnel pour des projets sous-financés.
- Intentionnalité. Recherche consciente et délibérée d’un impact social ou environnemental positif pour une communauté définie et la planète.
- Véhicule d’investissement. Produit ou structure donnant accès à des actifs ou marchés. Il fixe le cadre juridique, fiscal et opérationnel : fonds commun, fonds de capital-investissement, fonds philanthropique, mandat, etc.
- Mesure et gestion de l’impact. Processus identifiant ce qui favorise ou non le changement sociétal. Ils améliorent l’efficacité des capitaux, maximisent l’impact positif et limitent les effets négatifs.
Stades d’investissement :
- Incubation, pré-amorçage. Validation d’idée et test de prototype, soutenus par incubateurs, accélérateurs, proches ou subventions.
- Démarrage, amorçage. Produit minimum viable et premiers clients, ajustement au marché et acquisition de clientèle, financés par business angels, capital-risque d’amorçage ou financement participatif.
- Validation, série A. Modèle éprouvé et forte traction, expansion des opérations et amélioration de la rentabilité unitaire, financées par capital-risque et investisseurs institutionnels.
- Croissance, série B. Expansion rapide des marchés et équipes pour renforcer la position et les revenus, financée par capital-risque avancé et investisseurs stratégiques.
- Maturité, série C. Entreprises établies préparant fusion-acquisition ou introduction en bourse, visant expansion mondiale et leadership, soutenues par capital-investissement, fonds spéculatifs et entreprises.
- Rachat, sortie. Changement de propriétaire par acquisition ou restructuration, consolidation et remboursement des investisseurs, menés par capital-investissement, banques ou acheteurs industriels.
5. Organisations et experts consultés
Merci aux membres IFB et aux nombreuses organisations et experts qui ont participé. Leurs réponses à l’enquête et aux entretiens ont été essentielles à ce rapport.
- ABNAMRO
- AG Insurance
- Alterfin
- Assuralia
- Astanor
- Belfius AM
- Belfius Insurance
- Bio Invest
- BNP Paribas Fortis
- Capricorn
- Crédal
- DPAM
- Ethias
- Euroclear
- Fédération Belge des Fondations Philanthropiques (FBFP)
- Finance Brussels
- Fonds MM Delacroix
- Funds for Good
- GBL
- GIMV
- Helios Foundation
- Inclusio
- Incofin
- ING
- Inpulse
- Impact Capital
- Junction Growth
- Kampani
- KBF-FRB
- Kois Invest (Impact Expansion)
- Lita
- Newtree Impact
- OFP Proloclus
- Oikocredit
- P&V Insurance
- PYM
- Revive
- SFPIM & SFPIM Real Estate
- Telos Impact
- Triodos
- Trividend
- VP Capital