
Pourquoi avez-vous décidé de vous engager auprès d’IFB ?
C’est une étape logique. Comme gestionnaire d’actifs, j’ai toujours pensé que rechercher un rendement financier conforme aux objectifs du client peut aller de pair avec une contribution positive à la société. Sans sacrifier le rendement, bien au contraire. Si je puis dire, « sous-performer n’est pas durable ».
Je parle souvent de « double alpha ». En finance, l’alpha désigne un rendement supérieur à la référence. Le double alpha signifie pour moi qu’un rendement financier et un rendement sociétal peuvent être obtenus ensemble.
Vous avez dirigé une banque privée et un gestionnaire d’actifs. Quelle est, selon vous, la responsabilité des grandes fortunes et des gestionnaires d’actifs belges dans l’impact positif promu par IFB ?
Chaque personne et organisation poursuit ses propres objectifs. Mais il faut clairement mobiliser l’épargne privée et institutionnelle pour des investissements utiles à la société.
Ces investissements vont des infrastructures aux technologies alimentaires et climatiques, en passant par les projets socio-économiques. Il reste toutefois essentiel de viser un rendement financier adapté au risque que l’investisseur accepte de prendre.
Ce résultat financier attendu est essentiel : il crée de la valeur et assure la crédibilité auprès du public. Sans lui, on entre dans la philanthropie, qui est aussi pertinente, mais répond à d’autres motivations nobles.
Quels rôles le gouvernement et les grands acteurs financiers doivent-ils jouer pour faire de l’impact un critère de chaque décision financière, aux côtés du risque et du rendement, comme le souhaite IFB ?
La théorie du portefeuille efficient, qui équilibre traditionnellement risque et rendement, pourrait devenir un cadre à trois dimensions : risque, rendement et impact.
Pour répondre à votre question, l’État ne peut pas agir seul : les ressources disponibles ne suffisent pas aux besoins. Le secteur privé doit intervenir.
Le gouvernement peut créer un cadre favorable, au-delà de simples cases à cocher. Il peut par exemple réduire pour l’investisseur le coût du capital destiné à l’impact. À l’inverse, des règles trop strictes ou lourdes, comme des obligations excessives de reporting, peuvent décourager les initiateurs et les investisseurs.
À l’international, les détenteurs d’actifs, comme les fonds de pension, montrent aussi un vif intérêt pour l’investissement à impact. Celui-ci correspond à leurs objectifs de long terme sans compromettre le rendement. Ils doivent en effet garantir les pensions à travers les cycles économiques et en préserver la valeur.